lundi 28 mai 2007

Balade en solitaire

salut,


Tout a l'heure, j'ai eu envie de me balader. Et, fait rare, j'ai aussi eu envie de sortir des sentiers battus. Je me suis dis qu'il ne me restait pas assez de temps pour continuer ma routine sans faire de choses plus "exotiques". Donc, tout a l'heure, quand je suis parti me balader, apres avoir pris la rue enorme (que je vous montrerai en photo plus tard) que je prends pour aller a la fac, j'ai decide de tourner a droite. Puis a gauche, Puis encore a droite... et puis a droite... Et la! Je n'etais plus du tout dans le Shanghai qu'on a l'habitude de voir, nous riches blancs becs immigres pour une duree determinee.

La rue, d'une largeur de 2 metres a tout casse, etait pleine d'etallages de legumes, fruits ou autres poissons fretillants. La crasse faisant aussi partie du decors, les gens au regard etonnes, les odeurs effrayantes, les petites ruelles, encore plus petite que la "rue principale" dans laquelle je me trouvais, des enfants au cul-nu courants dans tous les sens, des petits magasins de cigarettes ou de boissons et glaces...
A mon arrivee dans cette rue, l'odeur allechante de petits gateaux tous chauds a attire mon attention. Sortie de nule part, l'odeur a traverser le nauseabond pour se figer dans mes narines. Je jette un coup d'eoil a la cariole vitree qui se trouve a cote de moi. La vendeuse m'interpelle (ils aiment bien faire comme ca le chinois, tu regardes, ils t'appellent, tu achetes... remarquez, ca marche), je demande le prix apres qu'elle m'ait fait gouter un petit gateau. J'en voulais pas, mais c'etait propose avec tellement de tact que j'en prend un petit sachet. L'interet ici, c'est que tout est possible. "il y en a trop" dis-je apres avoir vu le sachet plein de petits gateaux. Ni une ni deux, elle prend un autre sachet et en met moins dedans. Adjuge c'est vendu.
Je continue mon escapade dans cet etrange endroit, ou se cotoient les hommes d'affaire en costumes et les vieilles memes qui trient les poubelles de tout ce qui peut etre consomme, les jolies filles pomponnees et les enfants crasseux sans chaussures. Je m'arrete quelques secondes devant un poissonier s'afferant a couper au secateur les tetes des petits poissons tout fraichement vendus. L'autre avantage de la Chine, le poisson est vendu vivant, donc hyper frais. Il attend patiemment dans une bassine, avec de l'eau a peine assez profonde pour avoir le nez plonge dedans, et un petit tuyau d'air pour ne pas mourir avant le coup de secateur. Le poisson est pas mal consomme.. ou en tout cas pas mal vendu. Et meme dans les restaurants, les poissons sont tout frais lors de la cuisson. Il arrive meme d'en voir entre deux eaux, le ventre vers le ciel, mais ceux-la ne sont pas vendu.
Dans cet enchevaitrement de maisons les unes sur les autres, aussi petites que des boites de sardine, mon regard se laisse tenter par les fenetres entr'ouvertes des "maisons". A l'interieur, une banquette qui sert de lit, une tele, une table. Rien de plus. Souvent la famille au complet, etait devant la tele alors que je deambulais dans les rues, parfois meme, les enfants etaient en train d'escalader les echelles en bois pour atteindre leur mezzanine-paillasse, certainement partagee avec leur parents, la grand-mere dormant au rez-de-chaussee (ici appele 1ier etage).
Ma sensation a ce moment la n'etait pas des meilleures. Il faut vraiment dire que certains ont plus de chance que d'autres. Et faire partie des chanceux est extra-ordinaire, mais une fois qu'on connait ce que vivent les moins chanceux, ca fait tout bizarre.
J'accelere le pas pour ne pas trop les deranger. je suppose que ca n'est pas genial pour eux de voir passer un "blanc", automatiquement associer a un americain, et donc, a un riche, dans leurs petites rues delabrees. C'est un peu comme si un riche businessman petrolifere des Hemirat Arabes passait dans nos banlieux. Les deux parties ne seraint pas tres a l'aise. (bien que je doute de l'humanisme des petroliferes).
Il est tres facile de faire un travail en Chine, il suffit d'avoir l'idee. Un lavabo, un fauteuil, une paire de ciseaux et vous ouvrez votre salon de coiffure. Un rechaud, un "Wok", une louche et vous ouvrez votre fast-food a emporter. Le seul souci c'est d'avoir l'argent pour payer les barrons de la pegre qui viennent regulierement controler les commerces du coin et recuperer leur du. Enfin, les barrons ne passent jamais par la, ils envoient leur sous-fifres, aussi abrutis que possible.
Cyril, mon colocataire, m'a raconte une anecdote. Il avait vu une vendeuse de DVD a la sauvette. Un velo, une caisse, des DVD pirates dedans... Suis qui veut y prend, 4 yuan (40 sentimes). Lui etait en train de fouillers les DVD quand soudain, la boite se ferme, laissant presque ses doigts a l'interieur de la boite, il releve la tete, et voit un homme (certainement moche, mai c'est un detail dont il ne m'a pas fait part) attraper la caisse pleine de DVD, monter dans une camionette et partir comme si de rien n'etait. Ni vetements de type "uniforme de police" ni camionette particuliere... Un type normal. La femme venait de perdre peut-etre 500 DVD, un investissement qu'elle a fait pour essayer de joindre le deux bouts... Pas ce mois-ci. L'homme en question pouvait etre un flic en civil, ou simplement un membre des triades, fort de remplir sa tache : faire payer les commercants en echange d'une protection. Ou plutot faire payer les commercants pour ne pas avoir besoin de les tapper.

Ma ruelle me conduisant dans un rue plus grande, mon sens de l'orientation etant tout a fait defaillant, je m'arrete pour manger des "Xiao long bao" (ce que je mange dans mon 2nd post qui raconte mes vacances avec Magali a Shanghai) pour passer le temps. J'essaye d'engager la conversation avec la petite vendeuse de DVD qui est assise a ma table, attendant un client. Elle est trop jeune et trop effrayee pour avoir envie de communiquer. Je mange donc mes trucs en solitaire, observant autour de moi la vie des chinois peu fortunes. Dans cette rue, les maisonettes enchevetrees ont laisse place a des immeubles gris des annees 80. Sous chaque fenetre une climatisation pendouille, alors que deux barres de fer rouillees sont errigees la pour suspendre les quelques vetements a faire secher. LEur technique n'est pas esthetique, ni pratique d'ailleurs, mais ca marche. Sur ce U metalique est pose des tiges de bambous sur lesquelles sont accroches les vetements. Une fois sec, on rentre tout. J'ose a peine imaginer l'encombrement des ces barres de bambous qui (j'en ai deja vu) peuvent atteindre 2 metres.
Mes Xiao long Bao avales, je continue ma route, vers je ne sais ou. La nuit tombe et je ne sais pas ou je suis. Je me repere par les "gauches-droites.." que j'ai fait avant. Et je continue mon tour. Les rues sont desormais plus grandes, mais toujours aussi crasseuses, tres chinoise. La Chine c'est vraiment ca. Des gens qui rient, des voitures qui klaxonent, des etallages de nourriture ou de vetements, des flaques de melange organique putrefie nauseabond... la Chine.
Au detour d'un immeuble je repere L'IMMEUBLE. CElui qui illumine mes nuits de sa belle clartee bleu. Le centre commercial de 9 etages (plus une demi-cent-quarantaine d'etage de bureaux) qui est a 10 minutes de chez moi. L'immeuble doit bien mesurer 150m de haut, mais il est loin d'etre le plus haut de Shanghai.
Je suis alors ca lumiere bleute pour me rapprocher de chez moi.
J'arrive alors pres de la riviere Suzhou, celle qui passe devant chez moi. Je longe sa rive. La, c'est le calme. Le ronronnement des peniches adoucissent ce moment de bonheur, le bruit de la pelle du gamin en train de charger le tas de poubelle puantes dans un contenaire me donne des scrupules, mais le moment est bon. Certes a ma droite, des habitations du genre de celles vues quelques minutes avant, une piece a vivre, une tele un lit... et a ma gauche, de l'autre cote de la riviere, des immeubles residentiels de 20 etages fleurant bon l'argent et les grosses voitures... Mais le calme de cet endroit etait tellement agreable.
J'arrive aux abord d'une universite qui est a cheval sur les deux bord de la riviere. J'y entre. Des batiments au style chinois (toits piontus et decores de statuettes) se melangent entre les petits parcs a foret de bambous et petits murs a portes rondes. Bel endroit pour etudier.
J'atteints l'autre cote de la fac, et le chemin connu, que j'empreinte 2 fois par semaine, au moins, pour rentrer de la muscu. J'arrive chez moi, bien content de mon escapade et de mes xiao long bao.

Aujourd'hui, pas de photo.
J'espere que le texte etait assez parlant pour ne pas en avoir besoin.

Bises a tous

1 commentaire:

Unknown a dit…

Salut mon pote :)
depuis que tu es parti en Chine je trouve que ton ecriture s'est améliorée. Tu fais toujours des fautes d'orthographe, mais tu gagne en intensité... En lisant, j'avais l'impression de voir ce que tu voyais, mais aussi de penser comme toi! En tout cas, tu vis une aventure extraordinaire :D et ca tu ne m'en feras pas décrocher!!! Profite bien de tes derniers mois (plus que 2) et si tu pouvais pecher au cormorand, tu pourras nous en parler ;)
bisous, et a tres bientot